Loi de finances 2026 : les mesures à connaître quand on est indépendant

Un décryptage simple des nouveautés fiscales et sociales qui concernent les indépendants.

Quelles sont les mesures de la loi de finances 2026 qui concernent les indépendants ?

Le projet de loi de finances 2026 modifie plusieurs règles fiscales et administratives qui affectent directement les indépendants.

Facturation électronique, TVA, impôt sur le revenu, CPF : plusieurs dispositifs évoluent en 2026.

Ce guide décrypte les mesures de la loi de finances 2026 pour les indépendants. Vous saurez ce qui change concrètement, ce qui reste stable, et comment anticiper ces évolutions dans votre activité.

Loi de finances 2026 : ce qu’il faut comprendre rapidement

Le projet de loi de finances 2026 (PLF 2026) a été présenté en Conseil des ministres le 14 octobre 2025. Il a ensuite été déposé au Parlement pour examen(1).

Son parcours législatif a été tendu. La partie "recettes" du texte a été rejetée à l'Assemblée Nationale. Ce rejet a bloqué l'adoption du budget 2026 selon le calendrier prévu(2).

Le gouvernement a eu recours à l’article 49.3 de la Constitution le 30 janvier 2026 pour faire adopter le texte. Les deux motions de censures déposées en réponse ont été rejetées le 2 février 2026, ce qui a entrainé l’adoption définitive du budget.

Le projet de loi de finances est adopté

Le gouvernement a engagé sa responsabilité sur le projet de loi de finances pour 2026 via l’article 49.3 de la Constitution le 30 janvier 2026.Les motions de censure déposées en réponse ont été rejetées le 2 février 2026.

Le budget est donc considéré comme définitivement adopté et la loi n°2026-103 a été promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel du 20 février 2026 pour une entrée en vigueur le 1er mars 2026.

Ce que vous devez retenir : les mesures qui concernent directement les indépendants (TVA, facturation électronique, CPF) sont confirmées.

Certains détails techniques seront précisés par décret dans les semaines qui viennent. Restez attentifs aux publications officielles.

Quelles sont les principales mesures du budget 2026 pour les indépendants ?

Ce qui est déjà voté et applicable en 2026 ou très peu susceptible d’évoluer

CVAE : poursuite de la baisse du taux en 2026, vers une suppression définitive de cette cotisation en 2028

La CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) est un impôt local calculé sur la valeur ajoutée produite par les entreprises qui dépassent un certain seuil de chiffre d'affaires (500 000€). Toutes les structures ne sont donc pas concernées.

Le budget 2026 confirme la baisse du taux et confirme une suppression à venir de cet impôt. Voici ce qui est prévu(2) :

  • Taux maximal en 2026 : il passe de 0,28 % à 0,19 %
  • Taux en 2027 : il descend à 0,09 %
  • Suppression totale en 2028 (au lieu de 2030 comme prévu initialement)

Si votre chiffre d'affaires est en dessous des seuils de la CVAE ou si vous être micro-entrepreneur, cette mesure ne vous concerne pas. Vous ne payez déjà pas cet impôt.

Si vous êtes au-dessus du seuil, vous allez bénéficier d'une baisse progressive de cette taxe. Cette charge fiscale diminuera chaque année jusqu'à disparition complète en 2028.

Vous ne savez pas si vous êtes concerné ? Rapprochez-vous d’un expert-comptable. Il vous dira si vous franchissez le seuil et comment anticiper ces futures économies dans votre prévisionnel.

Facturation électronique : obligations au 1ᵉʳ septembre 2026 et sanctions renforcées

La facturation électronique va devenir obligatoire pour toutes les entreprises. Le calendrier officiel fixe deux échéances(3) :

1ᵉʳ septembre 2026 :

  • Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs.
  • Les grandes entreprises et ETI doivent aussi émettre leurs factures en format électronique pour leurs clients.

1ᵉʳ septembre 2027 :

  • Extension progressive de l'obligation d'émission des factures de vente aux autres entreprises (PME, TPE, micro-entreprises, indépendants)

La loi de finances 2026 durcit également les sanctions en cas de non-respect. Le PLF prévoit de faire passer l'amende à(4) :

  • 50 € par facture non conforme (au lieu de 15 € actuellement)
  • 500 € en cas de non-transmission des données de transaction et de paiement (au lieu de 250 €)
  • Pour les plateformes agréées : plafond maximum porté à 100 000 € en cas de non-transmission (au lieu de 45 000 €)

Cette mesure vous oblige à modifier votre organisation administrative. Vous devez :

  • Choisir une plateforme de dématérialisation certifiée (Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) appelée désormais PA Plateforme Agrée ou Portail Public de Facturation) La liste des plateformes agréées par l'administration est disponible ici : https://www.impots.gouv.fr/je-consulte-la-liste-des-plateformes-agreees
  • Former votre équipe (ou vous-même) aux nouveaux processus
  • Tester votre système avant la date limite

Le conseil d’Hello bank! Pro

Vous n’avez pas encore anticipé ce tte mise en conformité ? Vérifiez dès maintenant si votre outil de facturation actuel est compatible avec la réforme. Beaucoup de logiciels nécessitent une mise à jour ou un changement complet de solution.

Evitez l'erreur d'attendre 2027. Nous vous recommandons de commencer à vous mettre en conformité dès 2026. Les plateformes certifiées vont être saturées de demandes à l'approche de l'échéance. Vous risquez des délais d'attente, des bugs de paramétrage et des difficultés à trouver un accompagnement disponible.

Bonne nouvelle ! L’outil de facturation Mon Business Assistant Start d’Hello bank! Pro est déjà conforme aux exigences de la réforme. Le plus ? Vous pouvez l’utiliser sans surcoût si vous bénéficiez déjà ou souscrivez à notre offre packagée de produits et services bancaire Hello Business.

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Modification du dispositif ACRE : recentrage et extension aux zones FRR/ZFRR

L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) accorde à certains indépendants une exonération partielle et temporaire de cotisations sociales pendant leurs premiers mois d'activité.

Petit repère utile : l’ACRE dépend surtout de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS). Le projet de loi de finances 2026 avance en parallèle. Les deux textes restent séparés, mais leurs effets se croisent pour les indépendants.

La LFSS 2026 modifie le dispositif de l’ACRE. Depuis le 1er janvier 2026, trois changements peuvent vous concerner.

1. Bénéficiaires recentrés sur certains publics

L'ACRE n'est plus accessible à tous. Le dispositif se recentre sur les profils suivants :

  • Personnes inscrites à France Travail (indemnisées ou non-indemnisées avec 6 mois d'inscription minimum sur les 18 derniers mois)
  • Bénéficiaires du RSA ou de l'ASS
  • Jeunes de 18 à 25 ans
  • Personnes de moins de 30 ans non indemnisées ou reconnues handicapées
  • Salariés ou anciens salariés reprenant une entreprise en difficulté (sauvegarde, redressement, liquidation)
  • Bénéficiaires d'un CAPE sous conditions
  • Créateurs en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
  • Bénéficiaires de la PreParE
  • Nouveauté 2026 : Créateurs ou repreneurs en Zone France Ruralités Revitalisation (ZFRR ou ZFRR+)

2. Demande obligatoire auprès de l'Urssaf

L'attribution automatique disparaît. Auparavant, seuls les micro-entrepreneurs devaient effectuer une demande d’ACRE. Cette procédure est dorénavant généralisée. Quel que soit votre statut juridique, vous devez faire une demande d’ACRE explicite auprès de l'Urssaf. Sans cette démarche, vous perdez le droit à l'exonération.

3. Exonération plafonnée

L’exonération ne sera plus totale : elle sera limitée à une partie des cotisations (pourcentage et cotisations concernées devant être précisés par décret). À ce stade, les simulations courantes évoquent un niveau d’exonération autour d’un quart des cotisations visées, mais il faudra vérifier le texte définitif.

Le conseil d’Hello bank! Pro

  • Vérifiez votre éligibilité selon les nouveaux critères
  • Intégrez dans votre business plan une exonération à 25 % (et non totale)
  • Faites votre demande ACRE suite à votre immatriculation

Création d’un congé supplémentaire de naissance pour les indépendants

La LFSS 2026 est aussi à l’origine d’un nouveau congé de naissance. Ce congé s'ajoute aux congés maternité, paternité, accueil ou adoption existants. En pratique, le dispositif sera mobilisable à partir du 1er juillet 2026, après publication des décrets précisant les modalités(6).

Le principe du dispositif

Vous pouvez bénéficier de 1 à 2 mois de congé supplémentaire après votre congé maternité, paternité, accueil ou adoption. Ce congé ouvre droit à des indemnités journalières (IJ)(6).

Pour les salariés, l'indemnisation atteint 70 % du revenu de référence puis 60 %, avec un plafond. Pour les indépendants, l'indemnisation fonctionne différemment(6).

Ce qui change pour vous, indépendant

Ce congé parental chez les travailleurs indépendants peut être pris si vous êtes :

  • La mère
  • Le père
  • Le conjoint, partenaire de PACS ou concubin
  • Un parent adoptif

Vous devez cesser totalement votre activité pendant la durée du congé pour percevoir les indemnités journalières.

L'indemnisation des indépendants est forfaitaire. Le montant exact et la durée précise seront définis par décret. Ces informations seront à vérifier au moment de votre demande.

Le conseil d’Hello bank! Pro

N’oubliez pas d’intégrer ce nouveau congé dans votre gestion de trésorerie et de planning. Cela passe par plusieurs étapes :

  • Prévoir la baisse d'activité liée à l'arrêt total de votre travail durant la période de congé parental
  • Vérifier les conditions d'ouverture des IJ auprès de votre caisse de sécurité sociale (CPAM)
  • Calculer l'impact sur votre chiffre d'affaires annuel et notamment par rapport à vos coûts fixes
  • Informer vos clients en amont pour organiser la continuité de service

Ce qui est encore en discussion dans le cadre du PLF 2026

Franchise en base de TVA : les seuils sont maintenus

Le projet de réforme de la franchise en base de TVA initialement prévue dans le PLF 2025 puis dans le PLF 2026 a été totalement abandonnée.

Les seuils actuels sont maintenus pour 2026 :

  • 37500 euros pour les activités de prestations de service
  • 85000 euros pour les activités de vente de marchandises.

Si votre chiffre d’affaires reste en dessous de ces seuils, vous continuez à bénéficier de la franchise en base de TVA. Vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous ne la reversez pas à l’administration fiscale.

Gel du barème de l’impôt sur le revenu : l’impact pour les dirigeants

Le barème de l'impôt sur le revenu est normalement revalorisé chaque année. Cette revalorisation suit l'inflation. Elle permet de maintenir votre pouvoir d'achat face à la hausse des prix.

Le PLF 2026 adopté prévoit une revalorisation limitée du barème à 1,1%, bien en dessous de l’inflation, les tranches d’impositions augmentent donc moins vite que vos revenus. La conséquence sera directe : vous pourrez voir votre tranche d’imposition être modifiée ou payer plus d’impôts, même si votre pouvoir d’achat réel n’a pas progressé.

Toutefois, l'Assemblée nationale a refusé cette mesure. Elle propose à la place une revalorisation de 1,1 %. Le texte définitif dépend des arbitrages finaux du Parlement. Il est important de rester vigilant sur la version qui sera adoptée.

L'effet direct pour vous, indépendant

Vous êtes micro-entrepreneur, en entreprise individuelle classique ou professionnel libéral ? Votre revenu professionnel correspond à votre revenu imposable à l'IR. Le gel du barème affecte directement votre fiscalité personnelle.

Si votre chiffre d'affaires augmente légèrement pour compenser l'inflation, vous risquez de basculer dans la tranche supérieure. Votre taux marginal d'imposition grimpe. Votre facture fiscale augmente plus vite que vos revenus.

Cette hausse mécanique réduit votre marge nette. Elle pèse sur votre trésorerie si vous ne l'anticipez pas.

Le conseil d’Hello bank! Pro

Discutez avec votre expert-comptable ou votre conseiller fiscal. Estimez votre charge fiscale IR 2026 en tenant compte du gel. Vous pourrez ajuster vos provisions de trésorerie en conséquence.

Anticipez cette hausse d'impôt en constituant une provision fiscale sur votre compte pro supérieure à celle de 2025, même si votre activité reste stable. Vous mettez de côté chaque mois une partie de vos encaissements pour couvrir vos échéances fiscales et sociales. Ainsi, vous évitez les mauvaises surprises au moment de payer vos acomptes ou votre régularisation.

Avec le compte pro Hello bank! Pro, vous pilotez votre trésorerie en temps réel. Grâce à l’appli Hello bank!, vous savez exactement ce qui reste disponible pour votre activité à chaque instant.

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Compte personnel de formation : plafond et exclusion des bilans de compétences

Le CPF (Compte Personnel de Formation) vous permet de financer vos formations professionnelles. Que vous soyez micro-entrepreneur, en entreprise individuelle ou en société, à partir du moment où vous êtes actif et que vous travaillez, vous cotisez et cumulez des droits chaque année. Le CPF d’un micro-entrepreneur, comme pour les autres statuts, donne accès à des droits formation pour monter en compétences, se reconvertir ou acquérir de nouvelles qualifications.

Le projet de loi de finances 2026 modifie les règles du CPF. Deux changements vous concernent directement(4).

1. Plafonnement des droits CPF

Vos droits CPF pourraient ne plus s'accumuler indéfiniment. Le texte introduirait un plafond maximal. Une fois ce plafond atteint, votre compteur n'augmenterait plus, même si vous continuez à cotiser(4).

Conséquence : si vous repoussez vos projets de formation, vous laissez une partie de vos droits "dormants". Vous ne les utilisez pas et vous ne pouvez plus en accumuler de nouveaux.

2. Bilan de compétences CPF : le cadre réglementaire évolue

Si vous souhaitez faire un bilan pour identifier vos forces, vos axes de progression ou valider un projet de reconversion, le financement de cette action de formation par le CPF aura de nouvelles modalités à partir de mars 2026. Vous devrez sans doute désormais compléter le coût avec un autre mode de financement.
Deux projets de décrets viennent encadrer plus strictement le financement des bilans de compétences via le CPF.

Ils introduisent notamment :

  • un plafonnement du montant pris en charge à 1600€
  • une durée minimale de 13 heures d’accompagnement
  • une périodicité de 5 ans entre deux financements publics
  • la fin du financement des heures de travail personnel

3. Plafonnement du montant pris en charge par le CPF pour une formation au RS

Si vous envisagez de souscrire une formation inscrite au RS (Registre Spécifique), le montant pris en charge sera plafonné à 1500€ à partir de mars 2026, dans des domaines aussi variés que :

  • Compétences métier (marketing, vente, gestion de projet)
  • Formation en gestion (comptabilité, pilotage financier)
  • Compétences numériques (outils digitaux, cybersécurité, IA)

Ces formations restent éligibles et vous apportent des savoir-faire pour dynamiser votre activité.

Ce qui ne change pas (ou peu) pour les indépendants

La loi de finances 2026 introduit des modifications ciblées. Elle ne bouleverse pas l'ensemble du cadre juridique et fiscal des indépendants.

Voici ce qui reste stable pour vous :

  • Vos statuts juridiques ne changent pas : La micro-entreprise, l'entreprise individuelle (EI), l'EURL, la SASU et les autres formes juridiques classiques restent en vigueur. Vous n'avez pas besoin de modifier votre structure ou de créer une nouvelle entité. Le régime de la micro-entreprise conserve sa simplicité et sans modifications spécifiques.
  • Les aides et régimes existants sont maintenus : Une grande partie des dispositifs d'aide aux entreprises reste active. Certaines mesures ciblent des secteurs spécifiques (agriculture, artisanat) ou des zones particulières. Le PLF 2026 fusionne les dispositifs QPV et ZFU-TE en un dispositif unique prolongé jusqu'en 2030(2). Si vous êtes concerné par ces dispositifs, vérifiez les ajustements éventuels auprès de votre expert-comptable ou de votre chambre consulaire. Les aides à l'embauche, les exonérations sectorielles et les dispositifs de soutien à l'investissement ne disparaissent pas en bloc. Le cadre général reste en place.
  • Les grandes mesures médiatisées ne vous concernent pas : Vous avez peut-être entendu parler de la taxe sur les holdings patrimoniales ou de la surtaxe sur les très grandes entreprises réalisant au moins 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Ces mesures visent les grands groupes(2). Elles ne s'appliquent pas aux TPE, PME ou indépendants. Votre fiscalité n'est pas affectée par ces dispositifs.

Ce que vous devez retenir

Le budget 2026 a été définitivement adopté le 1 février 2026. Les mesures présentées dans cet article sont confirmées ou en voie de l’être en fonction des décrets d’application.

Vous n'avez pas besoin de tout changer dans votre structure juridique ou votre mode de fonctionnement. Vous devez comprendre les points qui vous concernent directement.

Suivez les publications des décrets d’application qui préciseront certains montants et modalités pratiques dans les semaines à venir. Les changements de 2026 sont ciblés, pas systémiques.

Publié le

Ecrit par Apolline TEGUIG​

Depuis 2017, je crée des contenus web sur des sujets variés, couvrant des domaines tels que le tourisme, les sports, l'expérience client, l'e-réputation, la logistique ou la santé. Mon parcours m'a menée à me spécialiser dans le secteur de l'entrepreneuriat, la banque et l’assurance. Aujourd'hui consultante SEO, j'accompagne les marques dans l'optimisation de leur visibilité. Je continue également d'écrire sur des projets qui me captivent en combinant mes compétences en rédaction et ma maîtrise du SEO pour créer des contenus qui informent et engagent.​

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